Trois amis en quête de sagesse

« Trois amis en quête de sagesse »    (  morceaux choisis)

Alexandre Jollien (philosophe) extrait de la p 16

Il n’y a qu’une urgence, c’est de nous engager à fond dans une pratique, nourrir en soi un ardent désir de progresser, et réaliser que nous pouvons échapper à la prison de notre mental.

Matthieu Ricard (moine bouddhiste) extrait de la p 86

Tout être humain veut trouver le bonheur et éviter la souffrance, mais la meilleure décision que l’on puisse prendre est de ne pas confier ce bonheur à l’égo. Celui qui ne pense qu’à lui ne fait rien de sensé pour être heureux. De plus, ses échecs renouvelés provoquent en lui une frustration et une rage qu’il retourne contre lui-même et contre le monde extérieur.

L’égo sain est l’égo transparent de celui qui dispose d’un vaste espace de paix intérieure dans lequel il peut accueillir les autres, car il n’est pas obsédé par sa propre situation. En rendant son égo moins lourd et concret, on s’épargne beaucoup d’ennuis. On se préoccupe moins des critiques et des louanges. On fait le ménage dans ses pensées et on éteint Mental FM, qui radote à longueur de journée : « Moi, moi, moi ; qu’est-ce qu’il va m’arriver ? Qu’est-ce qu’on va dire de moi ? »

Matthieu Ricard extrait de la p 134 sur les émotions

Certains s’imaginent que le fait de se libérer des émotions aboutit à un vide intérieur qui nous transforme en zombies. Ils confondent vide mental et liberté de l’esprit. Le but n’est pas de faire disparaître les pensées et les émotions, mais de les empêcher de proliférer et de nous asservir. Les maîtres et les pratiquants qui ont atteint une grande liberté intérieure ne sont pas devenus des légumes. Au contraire, ils font preuve de plus de qualités que les autres. Le Dalaï-lama, à mon avis, est un exemple parfait de courage, de joie, de bienveillance et d’ouverture d’esprit. En éliminant de notre espace mental la haine, le ressentiment, l’avidité et les autres émotions perturbatrices, on laisse la place à l’amour altruiste, à la joie et à la paix intérieure.

Lorsque je me pose la question de savoir pourquoi ma colère n’a pas explosé, voici en fait ce qui se passe dans mon cœur. Je ne laisse pas mes émotions dominer mes pensées et mon corps. Ce n’est pas que je le la ressens pas, cette colère, c’est uniquement que son expression chez moi n’est pas violente parce que je ne le souhaite pas.

Christophe  André (psychiatre) extrait de la p 188 sur le corps

 Aujourd’hui, tous ceux qui travaillent dans le champ de la psychologie ont enfin compris que le corps n’était pas juste un outil ni une somme d’organes qu’il fallait réduire au silence pour ne pas être dérangé par lui, mais une porte d’entrée vers notre esprit, une entité complexe, intelligente, et dont il faut prendre soin par diverses approches comme la méditation, l’alimentation, l’exercice physique, etc.

 

Dans ce soin du corps, il y a un équilibre à trouver entre d’une part déni et mépris et d’autre part obsession du corps. (…) Aujourd’hui, l’expérience et l’âge aidant, j’essaie d’être plus attentif et de respecter mon corps. De façon à ne pas être obligé de trop m’occuper de lui.